Le Tai Chi Chuan ça n'est pas… : quelques idées reçues.

…Ou plutôt c’est également tout un tas de choses que l’on entend trop souvent ! Comme toute chose, rien n’est tout blanc ou tout noir…Essayons d’y voir clair dans un article qui se veut loin d’être exhaustif mais simplement de résumer les poncifs sur la question.


DE LA RELAXATION

Le Tai Chi Chuan est, dans sa définition littérale et dans ses origines, une forme de « boxe » (Chuan). Sa finalité se veut donc martiale, au même titre que le Karaté, Tae Kwon Doe, Judo, Kung Fu…

Néanmoins à la différence de ces derniers, le Tai Chi Chuan développe et utilise la « force souple » (Jin) par opposition à la « force dure », musculaire, « brute ».

Afin de mobiliser cette forme d’énergie, le corps se doit d’être « relâché » (Song). Dans un premier temps, on cherche une relaxation des articulations (épaules, coudes, hanches, genoux, dos…), puis plus profond (sternum, ventre, tendons, …).

Il ne s’agit pas d’une relaxation « passive ». Tout se passe en position debout, souvent les bras levés à hauteur d’épaules, ce qui nécessite donc un effort de maintien et d’utilisation musculo-tendineuse.

Il faut ainsi distinguer la notion de « relâchement » de celle de « mollesse ».

C’est donc cette quête longue et progressive du relâchement de certaines parties du corps qui sous-tend la notion de pratique de « relaxation » que l’on attribue souvent au Tai Chi Chuan.



DE LA GYMNASTIQUE

En Chine, dans les années 1920, les pratiques sportives se développent fortement.

Le Grand Maître de Tai Chi Chuan Yang ChengFu va ainsi, sous cette impulsion, modifier les enchaînements de mouvements martiaux pour les rendre plus accessibles à un public non entraîné, et ainsi plus orienté sur les bénéfices prophylactiques, au même titre que la marche ou tout autre activité physique et sportive.

Ce qui était jusqu’à présent une « boxe », devient progressivement une forme de gymnastique de santé, dénuée de ses aspects martiaux.

Selon les styles de Tai Chi (Chen Yang, Wu, …), le travail gymnique de tonification musculaire et d’assouplissement se veut plus ou moins important. Le style Chen est à ce niveau l’un des plus exigeants.

DE LA DANSE


Visuellement parlant, on évoque souvent le Tai Chi Chuan comme une danse au ralenti.

En effet, sa pratique partage avec la danse son aspect chorégraphique, la justesse et la précision de ses mouvements, l’harmonie visuelle, ainsi que la qualité de présence dans ses gestes. Certaines qualités sont également communes aux deux pratiques : importance de l’axe du corps, de la coordination des différentes parties du corps, connexion avec le sol...

Néanmoins, elles se différencient d’une part par la finalité, et d’autre part par un développement des sens proprioceptif et interroceptif très poussés en Tai Chi Chuan, puisque cette écoute est indispensable à la perception des mouvements d’énergie dans le corps.


DE LA MEDITATION

Comme évoqué plus haut, le Tai Chi poursuit une vocation martiale. Cela semble donc, par essence, très éloigné des notions d’élévation spirituelle ou d’outils de gestion du stress !

En outre, contrairement à la plupart des formes de méditations, qui se pratiquent de manière statique et/ou assise, le Tai Chi est un enchaînement successif de mouvements, sans interruption.

Bien qu’il ne puisse prétendre aux mêmes bénéfices que la méditation classique, le Tai Chi permet néanmoins d’avoir une action sur le psychisme.

En effet, lors de l’exécution des mouvements, il est essentiel d’utiliser son « esprit » (Shen) afin de guider le geste. On appelle cela « l’intention » (Yi). Il s’agira, selon le niveau de pratique, de visualiser mentalement ce que l’on souhaite faire. Il peut également s’agir de prêter attention à une partie du corps, comme nos Foyers énergétiques (Dan Tian)…

Par exemple, lors d’un mouvement nous allons, sans interruption, « imaginer » que l’on pousse, tire, pare un coup, frappe du coude… Ou bien porter attention aux sensations au niveau du ventre, du dos, des membres… Tout cela nécessite une forme de concentration « souple » (le fameux « lâcher-prise »…) qui se rapproche du principe et des bienfaits de méditation assise.


DU YOGA

Des positions précises...mais enchaînées.

Souvent confondu avec son lointain cousin Indien, le Tai Chi Chuan est apparu dans nos contrées occidentales que bien plus tardivement, sous une impulsion politique de la Chine de promouvoir ses pratiques ancestrales.

Dans sa « forme » le Tai Chi est assez éloigné du Yoga.

Pour ce dernier, il s’agira pour la plupart des styles, d’enchainer des postures statiques pendant des durées variables.

En Tai Chi Chuan, le travail est essentiellement basé sur le mouvement, lent, ininterrompu, un peu comme une danse fluide.

Attention ! Il existe cependant des formes de Yoga dont les enchaînements de postures se veulent plus fluides, de même qu’il existe également en Tai Chi un travail postural statique.

En outre, comme nous l’avons déjà évoqué, la finalité du Tai Chi se veut martiale, alors que celle du Yoga est avant tout orientée vers la santé.

Ces deux pratiques partagent cependant un point commun : ce sont des pratiques holistiques, psycho-corporelles, ayant pour axe le travail sur l’énergie, le souffle vitale (le Qi pour les Chinois, le Prana pour les indiens).

Un proverbe dit qu’il faut rechercher le mouvement (interne) dans l’immobilité (postures statiques), et cherche l’immobilité (calme intérieur) dans le mouvement. CQFD.


Pour conclure, le Tai Chi Chuan est et n’est donc pas tout cela à la fois.

Il a avant tout été élaboré comme un art martial, mais peut partager des bienfaits que l’on retrouve dans d’autres pratiques psycho-corporelles. Tout dépend de la façon dont il est abordé, pratiqué, enseigné.

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​© 2019. MaTiaoli, Arts Traditionnels Chinois. Tai Chi style Chen et Qi Gong à Villefranche s/Saône, Fareins et Beauregard (Ain)